Les Champs en quelques mots Le Cerveau triunique Approche thérapeutique Faq Sources complémentaires

 

 

Le "Cerveau Triunique" de Paul Mac Lean

 

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Le cerveau humain est constitué de trois formations évolutives bien différentes anatomiquement et psychologiquement, il assure le fondement de la personnalité

C’est dans les années 1870 que William James évoque la théorie des 3 sections du cerveau.

En 1971, Paul Mac LEAN développe la théorie du cerveau tri-unique.

le Professeur Henri LABORIT que j'ai eu la chance de rencontrer fonde à partir de ses recherches toute la théorie de " l'inhibition de l'action", devenu un modèle de l'étude du comportement animal et ...humain.

Paul Mac Lean identifie donc lui aussi, trois niveaux cérébraux, se rapportant chacun aux différentes étapes de l’évolution animale : A la base le cerveau reptilien (1) siège de l’instinct de survie hérité de nos plus lointains ancêtres, autour et au-dessus un cerveau paléo-mammalien ou cerveau limbique (2) apparu dès la naissance des précurseurs des mammifères actuels, est siège des émotions et enfin autour et encore plus sur l'avant un cerveau néo-mammalien ou le néocortex (3) siège de la logique rationnelle,de l'imaginaire, ... il ne parle pas encore du cortex préfrontal (4) cerveau de l'anticipation...

L'évolution humaine s'est accomplie "si rapidement" que ces trois cerveaux ne sont qu'imparfaitement intégrés.La logique, ou l'intelligence , de chacun des trois influe sur nos comportements individuels et sociaux. Por reprendre la métaphore d'Arthur Koesteler, "En chacun de nous coexistent tant bien que mal, un crocodile, un cheval, un être humain !". Le crocodile règne sur les pulsions fondamentales, recherche de nourriture, se reproduire, agressivité et l'instinct d'imitation privilégiant l'odorat sur les autres sens par le rhinencéphal. Le Cheval introduit l'affectivité, les soins parentaux, le sens du clan et les fonde sur l'importance accordée à la vocalisation et l'audition. L'Humain enfin, avec ses lobes frontaux, produit la raison et le langage symbolique, il privilégie définitivement la vision sur les autres sens.

Mais qui se trouve à la barre dans chaque situation quotidienne, individuelle et collective ?

Ces trois cerveaux fonctionnent de façon hiérarchique.

Le premier niveau traite de l’urgence et en cas de danger filtre l’accès au niveau supérieur.

Si les besoins primaires sont satisfaits, alors seulement l’information est transmise au second cerveau limbique qui la gère sous forme d’émotions selon son agréabilité.

En fonction de son attrait, le Limbique évalue la pertinence de la transmettre au cortex afin de l’analyser et de traiter l'information de façon rationnelle. Comme il n’y a pas d’intégration des trois cerveaux, une information peut-être bloquée au premier ou au second niveau. Le tempérament instinctif dispose d’un cerveau reptilien qui a une tendance à bloquer l’information à son niveau pour l’inciter à demeurer dans la pulsion (Manger, Boire, Dormir, se Reproduire) (ventre affamé n’a pas d’oreilles).

Le tempérament émotionnel exploite son cerveau limbique pour vivre ses émotions, car il s’est affranchi des filtres du cerveau reptilien. Mais il bloque l’information à son niveau sans chercher à comprendre et à analyser. «Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.»

Le tempérament mental dispose d’un niveau de conscience qui l’affranchit des deux niveaux inférieurs.

 

Revenons sur "Le cerveau reptilien", source de nos instincts

 

Né il y a 500 millions d’années, il constitue le tronc cérébral à la base du cerveau, située au niveau de la base du crane et des premières cervicales.

 

Son rôle est de réguler les fonctions organiques liées à l’instinct, telles : température et rythme cardiaque, Flux sanguin, fréquence respiratoire). Il assure également les pulsions de survie principales telles, manger, boire, dormir, se reproduire, sans oublier de se protéger, ce qui l’incite à satisfaire d'autres pulsions comme l'addiction, la consommation, la compulsion, l'agressivité…).

 

Le cerveau reptilien, siège du "combattre et se défendre", répondra à l'environnement, par des comportements réflexes lié à la survie de l’espèce. Il agit selon des automatismes comme "d’attaquer pour mieux se défendre", "de prendre son courage à deux mains et fuir", enfin, de rester immobile, pétrifié ou figé, les automatismes n’ayant pas trouvé dans le programme une réponse. Et nous retrouvons ce thème si cher à Henri Laborit, "l’inhibition de l'action".

 

Ces automatismes issus des normes du groupe, du troupeau, tels la méfiance, la confiance, l'ignorance... le prédestinent à des comportements réflexes comme la coopération, la domination, la soumission, le mépris.

 

Bien que cette zone du cerveau privilégie tous les organes des sens, avec et en particulier : l’odorat, la Vue, l'ouïe... le toucher par le besoin de contact et le goût, par le besoin d'apprécier, semblent être ceux qui seront privilégiés après l'odorat, celui qui flaire par son premier nerf crânien, le danger.

Il dispose d’une mémoire court terme et réagit de façon non verbale pour apporter une réponse immédiate au présent de l'environnement

 

On pourrait décrire rapidement, "la personnalité du cerveau reptilien" comme marqué d'une forte vitalité, d’une prédominance à l'activité physique et celle du "combat".

 

S'adresser à un premier cerveau, celui de l'instinctif, c'est d'éveiller sa confiance, ses sens, pour obtenir un droit, celui de susciter son cerveau limbique et d’adresser ensuite son raisonnement.

Le Cerveau Reptilien ou instinctif privilégie principlalement l’Action, celle du Combat ou de la Fuite

Un corps athlétique, constamment en mouvement indique une prédominance du reptilien. Le visage est presque carré.

Son activité motrice est prépondérante. La position assise ne lui convient pas, et ses membres sont toujours en mouvement. Il est dans l’action physique permanente.

Partisan du « tirez, visez », il "agit avant de réfléchir". L’instinctif est un réactif qui réagit aux évènements. Il a le sens pratique et s’oriente vers le concret, les faits, les preuves. Il s’exprime davantage avec les gestes, parle peu et souvent lentement !

Il agit selon des schémas rigides et stéréotypés, souvent conventionnels. Les rituels de présentations sont des repères nécessaires pour se sentir en confiance.

Le son de sa voix vient de la gorge, aussi le ton est plutôt aigu. Il fait de grands gestes vifs et lents à la hauteur de la gorge pour accompagner son propos.

L’instinctif est sensible à l’aspect pratique des choses, aux odeurs et au toucher. Il recherche le contact, une dimension directe avec la matière.

Son discours fait référence au ressenti «Je sens bien…, Gardons le contact…». Il a besoin de ressentir les choses, de percevoir, de toucher.

 

Le cerveau limbique, siège de nos émotions.

 

Apparu dans l'évolution ou phylogenèse, il y 150 et 200 millions d’années, soit à l’aire des premiers mammifères, il se trouve enserré au-dessus du tronc cérébral, il constitue la partie médiane du cerveau, un peu au niveau des tempes, partie de la neurologie qui pilote la vocalisation, l’audition et la mémoire long terme. (l'hippocampe)

 

Il compare avec le vécu, il fait donc appel aux souvenirs, aux références du passé qui donnent la faculté de ressentir la notion de plaisir ou de souffrance. Il mémorise les comportements agréables ou désagréables selon une association à une récompense ou une punition.

Il s'agit donc du siège des jugements de valeurs, de la fonction affective, fonction qui gère l’expression des sensations comme le plaisir, la douleur, fonction qui la transforme la sensation(s) en émotion(s) telles la Joie, la Peur, la Tristesse, la Colère, la Rumination…), et de l’exprimer par des sentiment(s) comme l'amour, la haine, l'indifférence, l'angoisse…) et des humeurs, comme l'émotivité, la relation aux autres, l'intérêt aux autres... Il développe la sociabilité, l’affectivité et l’affirmation de Soi, l’adaptation à l’environnement social avec l'empathie, le statut social, l'intégration au groupe, les croyances…

 

Cerveau sensible aux signes de reconnaissance et de récompenses, il tend vers les comportements qui lui procurent du plaisir. Il réagit par l’émotionnel et la compétition.

 

Il privilégie l’audition sur les autres sens, mais ne s’exprime peu. Il peut solliciter le cortex pour s’exprimer, seulement s’il juge l’information agréable.

 

Si la situation est désagréable, elle active le cerveau reptilien en défense. Si au contraire elle agréable, alors elle rend curieux et stimule le néocortex pour analyser la situation.

 

Le cerveau limbique se nourrit du besoin de reconnaissance et de la récompense.

En créant le désir, il s’ouvre le droit à accéder au cortex.

Le Cerveau Emotionnel ou Limbique exploite les sons

Avec un visage en rondeur, à la recherche de l’harmonie avec son environnement, le visage exprimera plus facilement ses émotions par des mimiques indications à une propension à la relation à l’autre ou non.

L’émotionnel est prioritairement auditif. La voix transmet la palette des émotions auxquelles il est sensible. J'écoute, j'entends, je comprends !

L’oral est sensible à la qualité de la voix qui est harmonieuse. La voix présente un caractère émotionnel. Son débit un mesuré. La voix issue du thorax provoque un son medium. Ses propos son accompagnés de gestes mesurés à la hauteur des bras ou du thorax. Son discours fait régulièrement allusion à des termes qui rapport au son. «J’entend bien ce que vous dites…, je vous accorde…, Succès retentissant.., discutons… ». Il est sensible à l’expression des émotions par le verbe.

Il est plus sensible à la forme qu’au fond, aux endroits confortables qui lui procure du plaisir. Il écoute beaucoup mais parle peu, mais toujours avec le cœur, faisant souvent référence aux expériences passées, aux impressions, en faisant partager ses joies et ses craintes dès qu’il se sent en confiance. Il est sensible à ce qui est bon et beau.

Le néocortex, base de notre raisonnement rationnel

 

Le néocortex avec ses deux hémisphères et son lobe frontal fait son apparition il y a 4 millions d’années avec les mammifères supérieurs. Il est très développé chez l’homme et privilégie la vision.

Cette zone exploite la logique et la raison par son hémisphère gauche, le langage symbolique, et offre la capacité d’abstraction, d’association, d’imagination par son hémisphère droit. Le Néocortex est le centre de l’observation, de l’analyse, de la mémoire à long terme, de la réflexion, de la déduction, de la synthèse. C’est le cerveau, avec ses lobes frontaux, de l’anticipation, de la prévision, de la planification, l’avenir …

 

La personnalité du type cérébral, dispose d’une forte activité psychique, d’un potentiel de raisonnement et d’une largeur de son champ de conscience.

 

Le cortex est donc constitué de deux lobes complémentaires. Chacun, responsables à 90% du côté hétéro-latéral du corps, détermine la forme d’intelligence avec l'Imagination ou l'Evaluation. L’hémisphère droit semble est spécialisé sur les aptitudes liées au langage : parler, lire et écrire, imaginer .. l’hémisphère gauche quand à lui, s'oriente vers les aptitudes rationnelles comme le calcul, l'orientation, le raisonnement. Il verrouille trop souvent les réactions émotionnelles et instinctives. Il lui arrive de sous-estimer un danger et par conséquence, d'empêcher - à force de trop raisonner et réfléchir - les réactions d’alerte de nos systèmes de défense.

 

En faisant appel au Néo-cortex, l'humain démontre par la logique et la raison, ses réponses pour prendre et garder sa place dans l'enviromment. Par contre, sous les feux du stress ...qui plus est, prolongé, les deux hémisphères ne savent plus travailler ensemble et se fournissent des informations contradictoires. Le Néocortex régresse littéralement alors vers les niveaux dits inférieurs. Il a besoin de faire appel au cerveau limbique pour prendre ses décisions.

Le Néocortex a besoin de Voir

Sur un plan morphologique, le visage se dessinera en triangle, pointe vers le bas, signe du développement plus mental. De caractère ascétique, il est économe de ses gestes et le visage s’exprime peu.

Tout son intérêt se porte sur les idées, la logique et le raisonnement.

Le mental fait d’abord appel à son sens visuel et il est bien entendu sensible à l’image. Son discours utilise abondamment un référentiel au visuel « Je vois…, J'ai besoin d'y voir clair, de clarté, c’est lumineux, J’imagine, Montrez-moi ce que voulez dire, …J’y vois plus clair, …Ca ne fait pas l’ombre d’un doute…brillantes perspectives… Pouvons-nous nous voir ensemble...Tu vois ce que je veux dire..On ne peut rien vous cacher…voici notre vision…».

Il est sensible à la présentation de support pédagogique présentant des images.... de prendre son Ipad en vacances...sur la plage... Son esprit reste rationnel et cartésien (cerveau gauche) sensible à la raison.

Il se projette dans le futur et aime échafauder des scénarios....de se "faire des films"

Son débit de voix est très rapide. La voix profonde vient de l’abdomen et provoque un son grave et sourd. Ses propos sont accompagnés de peu de gestes, très rapides quand ils existent....

 

BIBLIOGRAPHIE

HENRI LABORIT, PhD - L'Inhibition de l'Action - Ed Masson

Paul Mac Lean, PhD - Les Trois cerveaux de l'Homme - Ed Laffont 1990