L'art martial en quelques mots Pourquoi pratiquer ? Le kyùdo 弓道
Faq Sources complémentaires

 

Le kyūdō 弓道

Le kyūdō (弓道) est un art martial Japonais (budō), issu du tir à l'arc guerrier (kyūjutsu). Cette discipline se singularise de sa contrepartie occidentale par les influences mélangées propres à la culture japonaise: le zen, le Confucianisme et aussi le taoïsme et shintoisme. Le kyūdō est une des voies martiales japonaises, cherchant le développement de la discipline du corps et du groupe, par la maîtrise des gestes. Le pratiquant recherche un mouvement parfait, pour pouvoir transcender à la fois l'esprit et le corps. Le principe consiste à percer une feuille de papier servant de cible, avec un minimum de tension musculaire et un maximum d'énergie spirituelle, ki. La gestuelle esthétique résulte d'une chorégraphie codifiée. Atteindre précisément la cible est la conséquence du bon équilibre entre un corps et un esprit disciplinés et harmonisés. Le deuxième pendant de cette discipline est le développement du tir dans un comportement social entre archers, c'est-à-dire l'étiquette: un tir ne se déroule pas sans qu'un archer ne tienne compte du contexte, de l'environnement et des personnes présentes.


Étymologie

Le mot kyūdō est composé de deux idéogrammes (kanji) signifiant :

Kyūdō se traduit par la voie de l'arc. Comme pour tout mot composé de leur langue, les japonais se servent de vieux vocables chinois plutôt que de leurs prononciations autochtones. kyū (arc) est l'ancien vocable chinois, alors que yumi (arc) est le vocable japonais désignant l'arc en général. Son idéogramme est une clé de la composition d'autres idéogrammes (comme un préfixe) et signifie la force. La voie () ici est la même qui se retrouve dans jūdō, kendō, etc. Elle désigne une discipline et un chemin d'accomplissement.

Le terme kyūdō fait son apparition dans diverses écoles dès le XVIIe siècle. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale suite au désarmement imposé par l'occupant américain, qu'une fédération japonaise de kyūdō (la Zen Nippon Kyudo Renmei) voit le jour. Elle se donne pour objectif de normaliser les enseignements divers donnés par les différentes écoles mais aussi d'établir une pratique commune entre elles et permettre des manifestations communes. Cette normalisation est éditée sous forme de livres (volumes) : le Kyudo Kyohon, qui est traduit officiellement en anglais.



Hassetsu, les huit étapes du tir

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Le tir lui-même se déroule en 8 phases distinctes et consécutives, appelées hassetsu. L’archer apprend et suit cette succession très structurée de phases. C'est une chek-list d'étapes et de détails pour organiser les mouvements hiérarchisés du tir en incluant le moindre élément. Elles sont nommées par des termes japonais avec une traduction admise pour les francophones :

 

  1. Ashibumi : 'enracinement des pieds'
  2. Dozukuri : 'affermissement de la posture'.
  3. Yugamae : 'éveil de la vigilance'.
  4. Uchiokoshi : 'élévation de l'arc'.
  5. Hikiwake : 'extension répartie'.
  6. Kai : 'union'.
  7. Hanare : 'séparation'.
  8. Zanshin : 'persistance de l'esprit' ou 'continuation du tir'. Cette dernière phase est suivie par un mouvement annexe: yudaoshi, 'abaissement de l'arc'.

 

La particularité de la forme l'arc de kyudo induit un mouvement d'ouverture très au-dessus de la tête du tireur. La partie basse de l’arc est courte et forte, elle donne la puissance au tir. La partie haute est longue et plus faible, elle donne la précision au tir. Les deux branches doivent s’équilibrer lors de l’ouverture de l’arc et du départ de la corde. Ces phases doivent être assimilées par le corps du tireur. Elles sont réalisées avec précision et en harmonie avec la respiration de l'archer et lui permettent de faire partir le coup dans les meilleures conditions possibles.

 

Différentes variantes existent dans les détails de l'ouverture. Elles sont issues des différentes origines du kyūdō. Le tir en bushake issu de la tradition guerrière et le tir en reishake issu du tir de cour. D’autres différences entre l'élévation de l'arc et le début de son ouverture (ouverture latérale ou de face) : shamen no kamae et shomen no kamae. Mais les fondements dans la répartition des tensions de l'arc pendant son ouverture et le lâché restent les mêmes.

 

1963
camera: F.Pichard
reporter: J.P Goretta
director: Jean-Jacques Lagrange
archer: Suzuki-sensei
location: imperial palace Tokyo