Le concept en quelques mots Etude du Comportement

Neuromodulation & Neurotransmetteurs

Faq Sources complémentaires

 

L'Ethologie

C'est le zoologiste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861) qui introduit en 1854 le terme « éthologie » pour désigner l'étude des mœurs des animaux.

Il faut attendre 1902 pour étudier les animaux dans leur milieu naturel (familier) initié par William Morton Wheeler (1865-1937) en Amérique du Nord.

Aujourd'hui elle se définit comme : "l'étude du comportement, de ses déterminants physiologiques, psychologiques, environnementaux et évolutifs." S.Aron

"Un comportement se définit lui, comme une manifestation motrice exercée par un individu à un moment donné dans une situation précise."

La démarche éthologique, basée sur la description fine et quantitative rigoureuse des comportements observables, devient une méthodologie de recherche et non plus une « simple » méthode descriptive.

Cette approche "adaptationniste" construit le développement du courant de l'écologie comportementale, car elle se soutient d'une approche pluraliste et diversifiée du comportement.

 

Ce que l'éthologie m'enseigne, je l'expérimente avec constance : les êtres organiques sont contraints, donc l'humain, pour survivre, de combattre sans cesse contre leur état ! Toutes les situations disposent à la lutte....ou la fuite... pour revenir à la lutte... dans un face à face implacable.

 

 

L'Ecologie du Comportement

 

L'étude du comportement animal se rapproche de la psychologie animale ou de l'éthologie, qu'on a souvent tendance à confondre.

L'écologie comportementale doit donc être définie afin d'en comprendre l'essence.

L'analyse scientifique du comportement est relativement récente puisqu'elle est apparue à la fin du XIXème Siècle, à la suite de l'influence du Positivisme d'Auguste Comte, aux découvertes de Darwin, à la naissance de la psychanalyse Freudienne.

Le Neurophysiologiste anglais Charles Scott Sherrington (1857-1952) dépose une étude à propos des structures nerveuses et de la nature de l'influx nerveux.

Jacques Loeb (1859-1924), biologiste, développe par la suite les premiers modèles mécanistes du comportement, sur les tropismes, c'est-à-dire de l'influence des stimulations extérieures sur le développement d'un organisme végétal. Par la suite, il l'étendra aux mouvements d'orientation chez les invertébrés comme les cloportes.

Les cloportes présentent :

  • Une Phototaxie positive, ils réagissent à la lumière,
  • Une Attirance vers un champ magnétique, ils s'orientent en fonction du champ magnétique,
  • Un Chémotropisme positif, ils réagissent positivement aux molécules odorantes,
  • Un hygrotropisme positif, ils réagissent positivement au taux d'humidité
  • Le déséquilibre sensoriel perturbe l’animal dans son choix d’orientation spatiale.

 

Cette théorie réduit le comportement à un simple mécanisme de stimulus-réponse automatique, purs réflexes, Cela a néanmoins permis au physiologiste russe Ivan Pavlov (1849-1936) de la dépasser en mettant en évidence une des formes de l'apprentissage, soit le conditionnement classique. Pavlov note ainsi le taux de secrétions gastriques des chiens à qui de la nourriture est présentée en fonction :

  • de stimuli conditionnels : stimuli sans relation directe avec une réponse ;
  • de stimuli inconditionnels : déclencheurs naturels de la réaction

 

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1770-1788), publie ses premiers volumes de l' « Histoire Naturelle » en 1749 lançant un nouvel essor à l'approche naturaliste. Buffon classe les espèces non seulement selon leurs critères morpho-anatomiques, également selon :

  • les variables écologiques et comportementales
  • leur organisation sociale,
  • leur mode d'utilisation de l'habitat
  • leur façon d'utiliser leurs ressources alimentaires.
  • Le comportement animal devient un élément essentiel de la taxonomie.

 

Le mouvement vitaliste se poursuit avec le courant instinctiviste représenté par l'entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915). L'instinct représente ainsi une motivation inconsciente qui conduit vers un but non identifié consciemment. L'instinct est à la base de la vie de l'organisme et assure la conservation de l'individu et de l'espèce. Fabre peut dresser les caractéristiques essentielles de l'instinct selon :

  • son innéité,
  • sa préformation
  • sa fixité
  • sa spécificité.

 

Discipline de Buffon, Lamarck (1744-1829) est un botaniste, nommé en 1793 professeur au Muséum d'Histoire Naturelle, en charge des invertébrés. Il affirme que la nature a produit de manière successive les différentes espèces animales en différentes lignées qui tendent inexorablement à se complexifier au cours du temps, C'est le père du transformisme : les espèces se sont répandues au cours des temps géologiques dans diverses régions du globe, où elles ont développé des caractéristiques particulières sous l'influence de l'environnement local.

Il défend la conception de la loi d'usage et non-usage ; c'est-à-dire que chez tout animal qui n'a pas atteint le stade ultime de sa croissance, l'emploi répété d'un organe en amplifie la taille, tandis qu'un défaut de sollicitation en entraîne l'atrophie (exemple de la girafe). Les changements induits se transmettraient à la descendance si les deux parents possèdent cette caractéristique, principe bien connu sous le nom d'hérédité des acquis.

 

En 1859, Charles Darwin publie « The origin of Species by Means of Naturel Sélection », qui vient bouleverser le milieu scientifique et penseur de l'époque.

Pour Darwin, les organismes n'ont pas été créé au hasard les uns des autres, ils se sont modifiés et différenciés au cours de millions d'années selon le processus de sélection naturelle. En supposant une évolution et une continuité entre les espèces, il suppose une continuité des processus mentaux, ce qui débouche sur la psychologie comparative au XXème siècle avec J.Vauclair qui présente l'expression des émotions en 3 principes :

  • Le caractère adaptatif, nommé « habitudes associées à une commodité » : l'émotion encourage la préparation à l'action,
  • Le caractère antithétique entre l'émotion et l'action, nommé « principe de l'antithèse » : décontraction des muscles pour exprimer un apaisement,
  • caractère neuropsychologique de l'émotion, désigné « action directe du système nerveux » : comme trembler de peur.

Ses travaux permettront ainsi d'approfondir les études en communication, plus précisément en ce qui concernent les mouvements d'intention.

 

Herbert Spencer (1820-1903) s'oppose à Darwin par sa conception, issue du mouvement de l’hérédité des caractères acquis, des sociétés humaines et animales comme des organismes dont les spécificités sont la somme des instincts des individus qui la produisent. Les sociétés humaines sont donc considérées comme un processus moral et non biologique (on parle ainsi de moralisation des conduites déviantes en vue d'une réadaptation sociale).

John Romanes (1848-1894) tente d'établir une continuité psychique et des états mentaux entre l'homme et l'animal. Il défendait ainsi la thèse que les émotions humaines étaient présentes chez les autres animaux selon leur complexité.

Lloyd Morgan (1852-1936) encourage quant lui à éviter d'interpréter le comportement animal en termes de sentiments et d'émotions ressenties par l'humain, C'est ce qui se nomme le Canon de Morgan.

Thorndike (1874-1949) considère que les conduites animales ne relèvent ni de l'instinct ni d'un raisonnement semblable à l'humain, mais d'un apprentissage par essai et erreur. Ainsi, la loi de l'effet introduit les concepts de renforcement positif et négatif.

Skinner (1904-1990) énonce les lois du conditionnement opérant.

Le behaviorisme, à son tour, est critiqué et suppléé par l'approche cognitiviste et les travaux de Wolfgang Köhler (1887-1967) et Edward Tolman (1886-1959), décrivent de façon minutieuse la manière dont les chimpanzés parviennent à résoudre des problèmes (relations spatiales et causales) . Ils refusent ainsi de réduire le comportement à une chaîne de connexions stimuli-réponse.

Ainsi, les cognitivistes insistent, et se démarquent en cela des behavioristes, en reconnaissant l’existence de processus internes non observables ; cela met donc à distance la rigueur réductionniste du canon de Morgan dans l'analyse objective du comportement animal.