Le système neurogastrique Le Deuxième cerveau La théorie Polyvagale Faq Sources complémentaires

 

Le deuxième Cerveau

Que sait-on réellement de notre ventre, de ce qui s'y passe, autres que certaines douleurs qui s'y manifestent ?
Depuis quelques années, les différents secteurs de la recherche ont accumulés suffisamment d'indices que pour parler aujourd'hui de cette région qu'est le ventre, rien de moins que d'un "deuxième cerveau".

Comme on le découvre lors d'une dissection, la paroi intestinale est tapissée d'une multitude (200.000.000) de neurones producteur de sérotonine, neurotransmetteur indispensable de notre système nerveux. Ce neurotransmetteur clé "dialogue" en permanence avec l'Encéphale où notre premier cerveau. D'autre part, les milliards de bactéries qui peuplent notre intestin, communément microbiote appelé autre fois "flore intestinale", participent de notre immunité d'une part et forment d'autre part notre "carte d'identité" gastro-intestinale, pouvant influencer tout simplement nos comportements.

Comment aborder alors nos maux de ventre ? Comment articuler entre eux tous ces liens entre nos deux cerveaux ?

 

A1. Le système nerveux entérique en temps que barrière épithéliale participante du système immunitaire

 

Système :

  • Caractérisé par un réseau dense de neurones étroitement connectés entre eux enveloppant tout l'intestin.
  • Indispensable à la survie.
  • Autonome dans son fonctionnement.
  • Efficace, puisque dans l'évolution, les premiers organismes pluricellulaires "de type méduses" l'ont adopté.
  • Formé de deux longs plexus superposés (myentérique et sous-muqueux) enroulés autour du tube digestif. Les fibres conductrices ou axones ne sont pas "myélinisées", leurs connexions ne sont pas de type synaptiques mais de types varicosités qui concentrent tous les neuromédiateurs aux proximités des neurones, des muscles, des cellules épithéliales.... Tout le processus digestif se doit d'être plus lent

- Au vu du travail d'envergure que nécessite l'assimilation, l'absorption, la sécrétion, le filtrage, le triage des aliments, et enfin, l'évacuation du non assimilable, au contraire d'un système locomoteur ou cardio-pulmonaire qui, eux, nécessitent d'une vitesse de transmission très importante pour agir vite face au danger, de fuir ou d'envisager le combat.

- Communique avec l'encéphale principalement par le nerf Pneumo-Gastrique ou nerf vague ou X, prenant naissance bilatéralement, dans deux noyaux cérébraux spécifiques (N.Ambigu et N.Dorsal)pour innerver les organes vitaux, tels le Coeur, Poumons, Trachées l'oesophage, les bronches, le système digestif, l'arbre urinaire, la vessie. Une branche sensitive renseigne l'encéphale, une branche motrice envoie les ordres aux muscles intestinaux, valvules, cardia et sphincters.

- L'étanchéité de la barrière intestinale est cruciale pour un bonne santé; la perte de celle-ci renvoie au syndrome du colon perméable ou "leaky gut syndroma" avec le passage de la barrière par des métabolites de bactéries pathogènes créant l'inflammation.

- Le système nerveux donne au système digestif : Le système nerveux autonome, et plus particulièrement son système parasympathique, dirige l'activité du système digestif (digestion, excrétion…).

- Le système nerveux reçoit du système digestif : Le système digestif apporte les nutriments nécessaires au bon fonctionnement des neurone

 

A2. Le système nerveux entérique en temps que principal producteur de sérotonine

 

- Sur un plan embryologique, les dissections de Bleischmitt démontrent bien que "les neurones intestinaux sont issus de la même plaque neurale embryonnaire que les neurones cérébraux qui forment le tube neural et la tête".

- Ces neurones intestinaux colonisent le tube digestif sous la forme de "réseaux-filets". Ces neurones ainsi assemblés - protégés par une mono-couche de cellules épithéliales - vont utiliser une série non négligeable de neuromédiateurs dont les plus importants sont l'acéthylcholine,l'adrénaline, la sérotonine, la noradrénaline, Le GABA,...

- Produit 95% de la sérotonine du corps !

Ce neuromédiateur est impliqué sur un plan neurologique dans la régulation de l'humeur, de l'appétit, du sommeil,de l'hypertonie réactionnelle. Sur le plan du système nerveux entérique, la sérotonine fait - comme l'écrit Michael Gershon dans son ouvrage "the second brain", office d'épée, en cas d'infection pour mobiliser le système immunitaire et de bouclier pour protéger les neurones des effets iatrogènes ou délétères de l'inflammation.

 

A3. Le système nerveux entérique en temps que "Carte d'identité" de nos comportements

 


à venir ...

 

A4. Le système nerveux entérique en temps que "Mémoire"

 


- Comme l'écrit, le Dr H. Lenfant, gastro-entérologue, nos intestins ont bien des émotions, des émotions intestinales. Le tube digestif et son système nerveux réagit à l'environnement, à la nourriture, aux émotions en provoquant du plaisir ou de l'inconfort, de l'appétit, ou des nausées, des douleurs comme des crampes, des vomissements...

- Ces réactions ou émotions - qui nous sont propres à chacun - semblent avoir été encodées durant les deux premières années de vie sous forme de "matrice sensorielle mémorielle" créant ce que l'on appelle actuellement des mémoires intéroceptives telles "la peur au ventre", "le custrou", "la toux viscérale du matin", la panique viscérale" de l'examen"...

- Le stress modifie effectivement le microbiote de l'intestin, par une perte en diversité de nos bactéries, ayant pour conséquence une prolifération d'autres potentiellement dangereuses